LE MARQUIS DE SADE ET ERICH VON GOTHA


"Au Tag, on aime beaucoup le Marquis de Sade. On ne peut que s’identifier à l’iconoclaste embastillé, se tirant sur la fronde dans sa geôle glaciale et noircissant des rouleaux de parchemin de sa plume acide. Le proto-fap consistait alors à coucher sur papier des visions on ne peut plus évocatrices mettant en scène d’innocentes jouvencelles découvrant progressivement le vice profond de l’être humain, le plus souvent drapé des oripeaux de la vertu. On ne saurait cependant réduire la somme du Marquis à cet enchaînement de scènes toujours plus jusqu’au-boutistes qui trouveraient aujourd’hui leur pendant pornographique chez Kink ou Legalporno. Non, le Marquis écrivait avec sa rage plutôt qu’avec son vit. Certes son imagination débordante offre aux lecteurs de « Justine » des visions hallucinées de torture sexuelle extrême, mais Sade c’est un poing dans le visage de Dieu, une haine anti-dogmatique qui n’a jamais trouvé d’égal, dont l’objectif n’est pas de faire bander son lectorat mais de dévoiler le Mal qui se cache le plus souvent chez ceux supposés le combattre.

ERICH VON GOTHA
Je vous parle de Sade car j’ai entre les mains les différents volumes des « Malheurs de Janice », la bande-dessinée érotique d’Erich von Götha (joli pseudo derrière lequel se cache l’auteur/dessinateur britannique Robin Ray, 91 ans) rééditée par Dynamite en 2013. Von Götha propose une adaptation visuelle fine et racée à des visions que ne pourrait renier le Marquis.
Là où Sade fait montre d’un sens de la description hors du commun en matière de perversion, Von Götha joue de ses couleurs aux tons pastels pour donner vie aux aventures malheureuses de Janice, jeune fille naïve passant de la plèbe à la haute, soumise à la volonté d’aristocrates et d’ecclésiastiques, abominables tortionnaires, impitoyables et tout puissants. Au gré de ses péripéties, Janice sera marquée au fer rouge, livré à un chien en rut, fouettée, ébouillantée, pénétrée de toutes parts, la liste ne saurait être exhaustive…

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La plus grande différence entre les œuvres du Marquis et celle de Von Götha réside dans le caractère de leurs héroïnes respectives. Là où Justine subit les pires atrocités en restant mentalement chaste, Janice, quant à elle, se soumet, dans un premier temps, de bonne grâce. Son appétit sexuel fait d’elle une proie de choix, et les jeux malsains de ses geôliers ont pour effet de rassasier ses fantasmes. Ses réticences interviennent tardivement quand les jeux prennent un tour psychologique beaucoup plus complexe, le fait pour ses maîtres de la marier avec un impuissant par exemple. Frustrée et humiliée, Janice va entamer un chemin de croix (de Saint André) qui la conduira à devenir elle-même une aristocrate. La petite plébéienne londonienne aura su franchir les étapes les plus viles pour enfin accéder aux hautes sphères autrement qu’en tant qu’esclave sexuelle, jouet d’affreux dégénérés.
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« Les Malheurs de Janice » s’apparentent à un spin off des œuvres de Sade, l’héroïne prend très cher, dans les règles de l’art. Tout y passe, tags interdits, borderline et des situations d’un autre temps mettant, par exemple, en scène la figure classique du majordome noir au sexe géant défonçant sans vergogne la pauvre Janice qui n’en demandait pas tant.
Sacré Erich von Götha, je l’imagine la goutte au front et au frein, s’escrimant sur ses planches à retranscrire les cochoncetés inspirées par le Marquis. Comme chez ce dernier, l’avalanche de turgescences veineuses, de foutre épais et de superbes créatures offertes aux quatre vents aura tendance à écœurer le néophyte mais les amateurs de Pichard, Manara et autres génies des polissonneries à bulles y trouveront leur substance nacrée."
Source : letagparfait.com
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