SEXUALITE : COMMENT NOS ENFANTS LA PRATIQUERONT ILS ?

Premier biberon, premiers pas, première rentrée des classes… Votre adorable progéniture franchit une à une les étapes de son développement. Mais qu’en sera-t-il quand il s’agira du premier rapport sexuel ?

Alors que le monde a officiellement les deux pieds dans l’ère du Net, du porno et des réseaux sociaux, la façon dont les futures générations envisageront la rencontre et la sexualité risque de connaître quelques petites variations par rapport au temps béni où vous draguiez dans les boums, comme Sophie Marceau. À quoi ressembleront les soirées d’antan quand vos enfants seront ados ? Pour le savoir, nous avons regardé dans notre boule de cristal.

L’art (délicat ?) de la séduction

Celui-ci sera-t-il toujours de rigueur quand ils donneront le coup d’envoi de leur vie sexuelle ? Oui, mais de façon plus expéditive. Élevés à Internet (un homme sur dix a déjà eu un rapport sexuel avec une personne rencontrée sur le Web, selon l’Ined), les jeunes d’aujourd’hui boudent les lettres d’amour au profit d’un
« wizz » sur MSN ou d’un « poke » sur Facebook, quand ce n’est pas d’un « sexto » (traduction : un texto + une photo érotique). Selon une étude américaine publiée début 2009 à l’initiative d’une association de prévention contre les grossesses non désirées chez les adolescentes, 22 % des ados (filles comme garçons) avouent avoir déjà envoyé une photo de leur anatomie la plus intime via leur téléphone portable pour draguer, et 40 % d’entre eux estiment que « l’envoi de contenus suggestifs par l’intermédiaire d’un écran favorise les rencontres intimes postérieures dans la vie réelle ». Si cette tendance était amenée à s’installer, on peut en imaginer les conséquences sur la façon d’envisager la séduction de vos futurs ados. Bref, parmi les valeurs que vous entendez leur transmettre, il faudra peut-être mettre les bouchées doubles pour leur faire intégrer celle du romantisme !


Faire l’amour ou faire du sexe ?

Faire l’amour, un concept en désuétude ? Le sexe sans sentiments est en tout cas une tendance lourde de la sexualité moderne. Présenté pour la première fois dans un épisode épique de la seconde saison de Sex and The City, le concept defuck friend, également appelé fuck buddy ou sex friend (à quand une traduction française ?), chasse de plus en plus sur les terres du prince charmant. Les ados en raffolent particulièrement, comme en témoigne le succès du site de rencontres Adopte un mec, où des jeunes filles (20 ans en moyenne, mais vous pouvez aussi y tenter votre chance) choisissent des partenaires réduits à l’état d’objet en rayon dans un supermarché, loin de l’imagerie romantique un peu guimauve des Meetic et autres Match.com que fréquentent leurs aînées.
Si cette tendance perdure, votre bambin devenu ado risque donc moins de chercher l’amûûûr pour sa première fois qu’un « plan Q zéro prise de tête » ! Pourtant, rassurez-vous, l’amour, il y viendra, mais plus tard : selon l’enquête « Contexte de la sexualité en France », publiée en 2008 par l’Inserm et l’Ined, 80 % des femmes épousaient leur premier partenaire en 1970 contre 20 % actuellement. Le grand amour, on n’y renonce donc pas, mais on se donne le temps de s’éclater avant de le trouver !

Le clivage homo/hétérosexualité

Longtemps considérée comme une déviance exotique, la bisexualité sort de l’ombre et s’invite de plus en plus souvent dans la sphère médiatique. De Madonna à Lindsay Lohan en passant par Lady Gaga et notre Christophe Willem national, chaque semaine, la presse révèle un nouvel adepte chez les stars. Être bi, c’est tendance… mais pas seulement. 
Selon Laure Michel, coréalisatrice, avec Eric Wastiaux, du documentaire La Bisexualité : tout un art ?, diffusé en décembre dernier sur Arte, « la bisexualité propose enfin une alternative au choix homo/hétérosexualité, dans laquelle s’engouffrent les nouvelles générations qui grandissent dans un univers totalement dédramatisé d’un point de vue sexuel. Ils ne se demandent même pas s’ils ont à choisir, ils passent d’un sexe à l’autre aussi facilement qu’ils passent d’une tribu à l’autre : c’est la génération du Net, et donc des réseaux multiples. »
Alors demain, tous bi ? « Je ne parierai pas sur une génération bi, poursuit Laure Michel, car il y aura toujours des hétéros et des homos purs et durs. Je parie en revanche sur une sexualité masculine qui explorera de plus en plus volontiers sa part féminine, et inversement pour les filles. » Moralité : le jour où votre ado ramènera une personne du même sexe à la maison, n’en tirez pas de conclusion hâtive ; la suivante sera peut-être du sexe opposé.

Vers le sex entertainment

À la fin des années 90, pour être tendance en couple, il fallait s’adonner aux joies du cocooning. Un terme tombé aujourd’hui en désuétude, et pour cause : un couple qui s’épanouit est un couple qui sort de chez lui pour voir ce qui se passe dehors, y compris dans le cadre de sa vie sexuelle ! Il a pour ça le choix entre les salons érotiques (entre trois et quatre sont organisés chaque mois en France), les nombreux clubs et sites web échangistes qui ne connaissent pas la crise, les boites à strip-tease « pour le fun »… Sans oublier les virées shopping pour acheter le dernier sex-toy à la mode, qui, contrairement à une idée reçue, n’intéresse pas que les trentenaires. C’est ce qu’a bien compris NRJ Mobile, qui, au grand dam des associations de parents, proposait le 14 février dernier, à l’occasion de la Saint-Valentin, un canard vibromasseur offert avec le Samsung Hello Kitty ! 

Vous avez rencontré le père de votre enfant sur les bans de la fac ? Ce dernier trouvera peut-être son ou sa future partenaire au rayon jouets du salon érotique de Mulhouse ou de Carcassonne ! Mais bon, tant qu’il y a de l’amour…

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EPILATION : MODE OU DICTATURE


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