ETREINTES ZOOPHILES par le photographe japonais Daikichi Amano

"Exposé à Berlin, le photographe japonais Daikichi Amano s’est spécialisé dans les étreintes extrêmes: ses modèles font l’amour avec des poulpes, des crapauds, des holothuries ou des poissons sans écailles.
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Vers 1820, le peintre japonais Katsushika Hokusai signe une estampe mythique -Ama to tako («la plongeuse et le poulpe») également connue sous le titre «Le rêve de la femme du pêcheur»- que Huysmans décrit ainsi: «une Japonaise couverte par une pieuvre; de ses tentacules, l’horrible bête pompe la pointe des seins, et fouille la bouche, tandis que la tête même boit les parties basses. L’expression presque surhumaine d’angoisse et de douleur qui convulse cette longue figure de pierrot au nez busqué et la joie hystérique qui filtre en même temps de ce front de ces yeux fermés de morte, sont admirables.» Jouit-elle? Rêve-t-elle? Meurt-elle? Edmont Goncourt lui-même ne sait comment interpréter cette vision «de femme évanouie dans le plaisir, sicut cadaver [comme un cadavre] à tel point qu’on ne sait si c’est une noyée ou une vivante, et dont une immense pieuvre, avec ses effrayantes prunelles  aspire le bas du corps, tandis qu’une petite pieuvre lui mange goulûment la bouche.»
Fascinante, répulsive, l’étreinte zoophage d’Hokusai inspire d’innombrables artistes japonais. Dans les années 80, elle donne même naissance au shokushu hentai, des dessins animés et des mangas pornos peuplés de monstres à tentacule. Ils sont venus d’une autre planète pour inséminer notre race. Ils s’emparent de leur victimes d’un coup de langue pédonculée, ramifiée en corolle de phallus garnis d’irrésistibles suçoirs. Ce sont des vampire mutants, des violeurs au sexe en anémone de mer, ondulants et rampants dans l’ombre de nos terreurs primales… La mort guette, à travers leurs yeux d’huitre, mous et spongieux, fendus en forme de serrure noire, comme la rétine des chèvres et des pieuvres.
Enfant terrible d’Hokusai, Daikichi Amano est le plus célèbre des réalisateurs de pornographie zoophile au monde: il ne met en scène que les coïts impossibles, ceux qui touchent à l’horreur pure. «Pour être honnête, ce n’était pas mon trip au début, explique-t-il (au journaliste Chris Campion, du magazine Bizarre). Je suis quelqu’un de très propre et mes films sont tellement sales que les actrices se plaignent plus de l’odeur qui règne sur les plateaux de tournage que de toutes les avanies sexuelles que je leur fais subir.» A l’origine Daikichi Amano est designer de pub. Il fait ses études pendant sept ans aux USA puis travaille comme graphiste pour une maison de production de X japonais qui lui met le pied à l’étrier: le voilà réalisateur de porno.
Au bout d’une centaine de films, il se lasse. «Le marché était saturé de X conventionnel, je voulais faire quelque chose d’autre, de divertissant et de drôle.» Il réalise alors un film avec son propre chien, une femelle labrador, qu’il munit d’un gode-ceinture et qu’il fait «s’amuser» avec une actrice. «Je me sentais quand même un peu coupable par rapport à Luna (le nom du labrador) avoue-t-il. C’est pour ça que dans le film suivant, je l’ai remplacée par des poissons.» Mais attention, pas n’importe quels poissons.
«J’étais dans un restaurant d’anguille à Tokyo. Je me suis demandé s’il était possible d’insérer ça dans une femme. Alors j’ai commandé plusieurs grosses anguilles vivantes, un mois à l’avance, pour qu’ils me mettent de côté leurs spécimens les plus gros. Il y en a qui font un mètre de longueur et pour le diamètre, je n’ai pas mesuré, mais ça peut dépasser la taille d’un gros pénis. Afin que les actrices n’aient pas mal, nous enfilons un préservatif sur la tête des anguilles et ça rentre tout seul, sans même besoin de lubrifiant. Une chose curieuse, c’est qu’elles sont comme des bébés : mettez les anguilles dans un endroit chaud, doux, rose et elles s’endorment. Quand on les sort de frigidaire, au contraire, elles fouettent l’air et se débattent en nouant des torsades d’une étonnante beauté. Mais une fois insérées, les anguilles, progressivement, se calment et leur corps s’agite avec des mouvements de plus en plus caressants, comme si elles étaient gagnées elles-mêmes par la volupté.» Daikichi Amano ajoute que les anguilles peuvent rester en vie pendant plusieurs jours hors de l’eau, ce qui explique leur grand succès en matière d’érotisme au Japon: elles symbolisent l’inépuisable puissance virile, l’énergie vitale à l’œuvre dans ce pays qui communie tout entier autour de stèles en forme d’organes génitaux. La vie c’est le sexe. On utilise d’ailleurs le même mot pour dire «vie» et «sexe» en Japonais: Sei.
Bien qu’elles ne soient, objectivement, pas très excitantes, les vidéos de Daikichi obtiennent un succès certain. Celles avec des anguilles se vendent chacune à 4000 exemplaires. Mais Daikichi produit aussi des vidéos avec des crapauds, des concombres de mer, des poissons rouges, des asticots, des lombrics, des larves ou des poulpes. Ces vidéos pleines de baves et de sécrétions reposent toutes sur le même scénario: afin d’apprivoiser la mort, des femmes subissent, au cours d’une véritable descente aux enfers, des contacts de plus en plus intimes avec des créatures gluantes invertébrées. S’inspirant du film Saw et/ou Massacre à la tronçonneuse, Daikichi montre jusqu’où un être humain peut aller pour sauver sa peau. Jusqu’à se laisser ensevelir dans un magmas de chairs putrides. La plupart des animaux ne survivent pas aux premières heures de tournage: «Les pieuvres sont les plus fragiles, dit Daikichi. Ce sont des animaux d’une extrême sensibilité. Il suffit parfois de les poser délicatement sur les fesses d’une actrice pour qu’elles expirent. Les petites loches appelées Dojo sont en revanche très têtues. Elles s’insinuent partout, poussent de l’avant, jusque dans l’estomac des actrices. Il est arrivé que trois jours après un tournage avec moi une actrice expulse une loche par le vagin en plein milieu d’une séance de coït lors d’un autre tournage de X ! Nous oublions parfois de compter les loches que nous faisons glisser dans leurs orifices de nos actrices. Nous perdons le compte de celles qui sont ressorties… ». Ces anecdotes sont-elles vraies? Daikichi Amano aime l’exagération.
Il se délecte beaucoup de l’effroi qu’il provoque lors des interviews. «Dans mes films, certains animaux meurent, écrasés, dit-il, ou bien expulsent des fluides sous l’effet du stress. Les concombres de mer, notamment, vomissent leurs propres entrailles, suivant un phénomène d’auto-evisceration très proche d’une éjaculation… Quand une actrice se roule dans une baignoire remplie d’holothurie, elle finit par être ensevelie sous ces substances glaireuses qui – au bout de quelques heures – se décomposent sous les spots… Même chose avec les crapauds. Au bout de quelques heures, mes actrices pataugent au milieu de cadavres putréfiés et de batraciens qui remuent encore. Un cloaque à l’odeur fétide. A ce moment-là, j’adore filmer le visage de la femme qui se retient désespérément de vomir.» Après avoir lâché ce genre de phrase, Daikichi se recule un peu pour en mesurer l’impact. Si son interlocuteur reste impassible, il prend une lampée de bière et -d’un air gourmand- ajoute: «Ce qui est intéressant, pour nous Japonais, c’est le visage de l’actrice porno, bien plus que son entre-jambes. Notre cinéma X est un cinéma psychologique. On y voit l’humain aux prises avec ses peurs, l’humain mis à nu, l’humain ramené à ce qu’il y a de plus atavique en lui.»
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Entre deux scènes de plateau, Daikichi fait d’ailleurs des photos qui immortalisent certaines scènes d’orgie macabre. Des femmes aux yeux clos, recouvertes de pieuvres semblables à des muqueuses retournées. Des visages émergeant d’un marécage de poissons aux couleurs d’entrailles. Des tentacules enlaçant des seins humides. Ces photos sont belles, si belles que Daikichi se voit maintenant consacrer une exposition d’art à son nom. En Allemagne, la galerie Bon Goût lui dédie une sublime rétrospective, annoncée en termes élogieux: «Amano donne vie aux shunga (estampes érotiques anciennes) et les réinterprète. On ne peut pas voir ces images de chair, sans être saisi par leur étrange pouvoir de séduction. »
S’inspirant du buto et des natures mortes hollandaises, Daikichi parvient en effet, très paradoxalement, à rendre sublimes les visions les plus immondes. Il photographie des femmes au visage d’ange qui se confondent avec des choses mortes. De leur bouche tombe une cataracte de tentacule. De leur yeux s’envolent des papillons. De leur ongles se détachent des nacres… Le cycle de la vie en somme. «Je crois que je suis devenu pervers après un accident de moto, raconte Daikichi. J’avais 17 ans et j’ai failli mourir. Au moment où je m’en allais, des visions de femmes nues ont surgi sous mes paupières. Je n’avais fait l’amour que très peu de fois et j’ai pensé : «je veux voir plus de femmes nues». Ça m’a ramené à la vie. Cette histoire est vraie. Voilà pourquoi je suis si déterminé à aller de l’avant. Mon rêve serait de faire un film avec plein de femmes nues faisant l’amour avec des méduses.»Les rêves de Daikichi sortiront bientôt, sous la forme d’un magnifique livre d’art aux éditions du Bon Goût."
Agnes Giard, les 400culs, liberation.com

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