MON COMPAGNON NE CESSE DE RALER !!!

Qu’il ou elle soit grincheux(se), râleur(se), pessimiste ou ronchon, le quotidien aux côtés d’une personne rabat-joie n’est pas tous les jours facile. Les conseils de nos experts pour que la vie à ses côtés reste supportable. Et même agréable.
Margaux Rambert
Les rabat-joie ? Ils ronchonnent souvent, sont rarement enthousiastes, broient parfois du noir, prévoient toujours le pire pour ne pas être déçus et vont généralement au devant des problèmes. Anne, 36 ans, vit aux côtés de l’un d’entre eux. « Il en faut peu pour contrarier mon ami. Un objet qu’il ne retrouve pas immédiatement, le moindre petit embouteillage… Une fois contrarié, il s’enferme dans un état bougon pendant des heures. Puis, il se met à ressasser et à tempêter : contre le mot de trop de sa mère, contre ses clés qui disparaissent, contre ce feu qui semble être passé au rouge exprès pour le mettre en retard… ». A tous, il nous arrive d’être parfois un peu rabat-joie. Mais chez certaines personnes, le négativisme est un trait de personnalité majeur. Qui les transforme, parfois, en véritables trouble-fêtes. Mais si vivre aux côtés d’un rabat-joie peut parfois se révéler particulièrement agaçant et pénible, cela peut aussi avoir du bon. A condition que le quotidien reste supportable.

Leur négativisme est contagieux

Parmi les rabat-joie, il y a ceux qui ne voient que les détails qui clochent, ceux qui font de sombres prédictions sur l’avenir, ceux qui ne cessent de ruminer… Leur point commun ? Leurs pensées négatives sont contagieuses ! « Au début, le caractère soupe-au-lait de mon compagnon m’amusait, raconte Anne. Mais je me suis vite rendue compte que son état finissait par me mettre moi aussi sur les nerfs. J’avais l’impression que notre vie était devenue une longue série d’épreuves. » Résultat : de longues soirées à bougonner chacun de leur côté.

Ils empêchent de faire des choses en couple


« Il y a toujours quelque chose qui ne va pas », « cela ne va pas durer », « ça ne vaut pas la peine, on va être déçus »… Souvent, les rabat-joie gâchent non seulement leur plaisir mais aussi celui des autres. » Et surtout, ils empêchent de faire des choses en couple, explique Frédéric Fanget. « C’est justement cela qu’il faut leur faire comprendre : que leur comportement pose des problèmes dans la vie du couple ».
Chez les rabat-joie, il existe un vrai risque d’enfermement dans ces pensées sombres. Pour le psychiatre et psychothérapeute Frédéric Fanget, « à partir du moment où l’on a des pensées négatives, on éprouve des émotions du même type et celles-ci vont être à l’origine de comportements eux-mêmes négatifs, de malaise, d’inhibition… Et le risque, si le conjoint laisse faire, c’est que lui aussi se retrouve enfermé là-dedans ».

Une façon d’attirer l’attention ?

Pour autant, pas question de demander à son partenaire de se transformer tout d’un coup en boute-en-train. Impossible, de toute façon. « Certaines personnes sont naturellement enclines à être plus ou moins agréables. C’est une donnée de base qu’on ne peut pas changer », estime Yves-Alexandre Thalmann, psychologue. Mais pourquoi semblent-elles parfois se complaire dans ces états négatifs qui, aux yeux des personnes plutôt positives, sont uniquement source de mal-être ? « Souvent, c’est parce qu’une personne qui se plaint va attirer l’attention ». Il pourrait donc y avoir un avantage à être rabat-joie… « Si une personne est rabat-joie, c’est que son histoire l’a amenée à l’être, ajoute Frédéric Fanget. Mais quelle qu’en soit la raison, il est important dans un couple que chacun puisse rester soi-même. Et accepte l’idée que l’autre puisse être différent ». Ce qui fait toute la richesse, et la difficulté de la vie en couple…

Un problème de couple

Mais il arrive que le quotidien devienne trop pesant. Comme chez Christelle, 39 ans, mariée depuis trois ans. « Mon compagnon fait toujours la tête, râle pour un oui ou un non, voit le mal partout et finit par ne plus rien faire car il s’énerve avant même de commencer ! ». Difficile souvent, dans ces conditions, de garder le moral. Et la tentation est grande de reprocher vivement à l’autre son comportement : « Tu n’es qu’un rabat-joie ! Tu as vraiment un problème »… Une attitude stérile, pour Frédéric Fanget. « Le problème d’un conjoint rabat-joie vient autant de celui qui l’est que de celui qui ne le supporte pas. C’est un problème de couple. Le même rabat-joie pourra être supporté par d’autres conjoints. » Pour le thérapeute, il est bon, face à un tel problème, d’avoir une discussion de couple. Première étape : écouter l’autre. « Il faut commencer par lui demander à quoi correspond ce côté rabat-joie. Pour changer un comportement dans un couple, il faut d’abord comprendre pourquoi celui-ci est important pour l’autre dans son histoire. » Deuxième étape : expliquer pourquoi on a, en tant que conjoint, tant de mal avec ce côté de sa personnalité. « Si un conjoint réalise par exemple que sa partenaire a souffert d’une mère affreusement pénible, il va comprendre à quel point son propre comportement est difficile à supporter pour elle et sera d’autant plus enclin à en tenir compte. »

Vers des pensées positives ?

Si l’on ne peut pas le changer, on peut quand même aider son ou sa partenaire à avancer sur la voie de l’optimisme. Ce qui ne signifie pas forcément tenter de lui faire voir la vie plus en rose. « Plus nous allons essayer de lui faire voir la vie autrement, plus il va tenter de nous montrer qu’il a raison de la voir ainsi », avance Yves-Alexandre Thalmann. Plutôt que d’adopter une attitude d’opposition, le psychologue préconise de se tourner vers ‘l’apposition’ : « on peut lui expliquer non pas qu’il a tort, mais que nous, nous voyons les choses autrement ».
Anne a essayé. Et répète à son ami que leur vie est plutôt belle. « Pour l’instant, il se moque gentiment de mes pensées positives. Il me rétorque sur un ton un peu moqueur : ‘oui, les oiseaux chantent, nous sommes en bonne santé et notre fille dort à l’arrière de la voiture’… mais au moins, il ne ressasse plus le mauvais et verbalise le ‘bien’. » Surtout, elle savoure le fait qu’ainsi, il ne lui communique plus ses idées négatives.

Cultiver son propre optimisme

Souvent, les rabat-joie critiquent la vision optimiste, qu’ils jugent naïve, de leurs conjoints. « Mais le monde n’est ni rose ni noir, il est multicolore, ajoute Yves-Alexandre Thalmann. Les pessimistes n’ont pas davantage raison que les optimistes dans leur vision de la vie. Après, la question, c’est l’effet produit par chaque attitude. » Alors rien n’empêche - sans lui faire la leçon !- de montrer à un conjoint rabat-joie à quel point il peut être agréable d’être détendu, confiant face à un événement, plutôt que tendu et angoissé. Ou que souvent, on avance mieux en étant positif…
Afin de ne pas se laisser contaminer par ses idées négatives, on a aussi tout intérêt à cultiver son propre optimisme. Le conseil d’Yves-Alexandre Thalmann ? « Avoir d’autres relations plus positives pour contrebalancer le côté rabat-joie de son conjoint ».

Réfléchir à sa propre limite

Christelle, elle, a tenté de parler avec son mari de son côté négatif. En vain. « On ne peut pas discuter. S’il fait des efforts pour être plus agréable, cela dure deux jours et il recommence à faire la tête. Alors je me retranche, lorsqu’il est dans le salon, je vais dans la chambre et inversement ». Pour Yves-Alexandre Thalmann, l’isolement peut être une solution, à condition qu’il soit temporaire. Comme chez Anne. « Quand mon ami se met à bougonner, je lui demande de s’éloigner pour que ça ne soit pas contagieux. Il comprend. Et ça ne dure jamais longtemps : sans personne avec qui partager ses bougonnements, il s’ennuie plus vite. » Prendre de la distance parfois, oui, mais fuir, non. « Si à chaque fois que l’autre arrive, on part, cela fait plus de moments où l’on n’est pas ensemble que de moments où l’on est ensemble », commente le psychologue.
Prise de distance, moral en berne, diminution du plaisir à être avec l’autre… Il est important, aussi, de réfléchir à sa propre limite. « Ce n’est pas si complexe, explique Yves-Alexandre Thalmann. Il suffit de s’écouter. Et d’être lucide : on a tendance à pardonner beaucoup de choses. » Pour le psychologue, l’amour ne suffit pas toujours. « Plutôt que de vouloir à tout prix changer une personne qui n’en a pas envie, il faut parfois changer de personne. » Et c’est là toute la question : le côté rabat-joie d’un des deux partenaires aura-t-il raison du couple ?

Les rabat-joie ont aussi du bon

« Pour que le couple continue, il faut aimer l’autre avec cette différence, explique Frédéric Fanget. » La clé ? Ne pas se focaliser que sur ce qui ne va pas dans le couple. « Un conjoint, c’est un ensemble. Son côté rabat-joie est à réintégrer dans les autres aspects de sa personnalité. » D’autant que vivre aux côtés d’un rabat-joie peut aussi avoir du bon ! Ils sont souvent exigeants, rigoureux, dignes de confiance, ils anticipent les problèmes… Des qualités qui peuvent être utiles au couple et dont il est important de se rappeler. « Le couple peut alors répartir les tâches en fonction des valeurs de chacun : le plus rigoureux des deux pourra s’occuper des factures, et le plus enjoué des vacances, par exemple… ». Accepter le côté rabat-joie de son conjoint, c’est aussi le relativiser et peut-être un jour, pouvoir en rire. « Si chacun arrive à rire de ses défauts, le côté rabat-joie reste un petit problème de vie quotidienne. Et le couple garde en mémoire l’essentiel : s’il est ensemble, ce n’est pas pour rien. »

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