COUCHER LE PREMIER SOIR : IDEES RECUES

Fantasmes, plaisir, pratiques sexuelles… En matière de sexualité, certaines croyances peuvent parfois compliquer notre vie. Des préjugés que Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, fait voler en éclats.

Coucher le premier soir ?

On ne couche pas le premier soir... Plus qu’une idée reçue, c’est là une injonction faite essentiellement aux femmes. Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, revisite ce préjugé. 
Catherine Blanc

Imaginez un homme qui arguerait d’une telle règle de conduite pour lui-même, il serait perçu comme en difficulté dans son expression virile. Mais une femme, elle, devrait maîtriser ses pulsions, cet élan fougueux qui, tout au long de l’histoire, a été soupçonné de voracité, par les hommes, mais aussi par les femmes elles-mêmes. Plus encore, ce passage à l’acte retardé place au premier rang le sentiment amoureux, devant la sexualité qu’il justifie et auréole.
Fi donc de ces filles légères qui ne peuvent résister à leur excitation, ces filles esclaves du désir masculin. Pour qui les prend-on ? Des catins, à n’en pas douter ! Car c’est en effet moins le procès d’une sexualité impulsive que celui d’une sexualité hors relation. Une sexualité qui ne s’encombre pas d’enjeux relationnels et affectifs. 

A DÉCOUVRIR

Dans le même temps, cette idée reçue fait presque sourire tant elle semble d’un autre âge. Car le discours ambiant actuel épingle aussi la femme qui ne serait pas dans la spontanéité sexuelle, comprenez la liberté sexuelle. C’est tout juste si le désir a le temps de s’énoncer qu’il faut prouver notre aptitude à la sexualité.
Comble de l’ironie, la femme qui se veut libre devrait être à la fois objet de son excitation et objet du désir masculin. Drôle de paradoxe ! Est-ce la sexualité qui est gagnante dans ce cas-là, ou la société, qui nous enjoint à une consommation réflexe sans faire cas de la spécificité de chacun ?
De ces deux injonctions contradictoires : « Ce n’est pas bien pour une femme de coucher le premier soir » et « C’est bien de suivre ses pulsions », que peut-on dire ? Il faut se rendre à l’évidence : se donner du temps ou faire écho à sa spontanéité, qu’importe en réalité ! Cela peut être dans ce temps étiré, par le refus du premier soir, que s’ouvre un espace où s’éprouve la relation de deux sujets. Une relation mêlée d’émotions, où s’établit la confiance réciproque dans la pérennité du lien et ce malgré, ou grâce à, la frustration, et dont la sexualité aura tout lieu d’être enrichie.

Penserait-on pour autant que l’histoire relationnelle et érotique entre deux individus a seulement besoin d’un soir pour se donner sens et confiance ? En outre, imaginer que la qualité relationnelle ne se définit que par le temps étiré serait nier les constructions psychiques qui font aussi les attraits et la beauté des élans intuitifs. Ce serait nous réduire à pure réflexion et analyse de la situation et de l’autre, quand d’autres aires du cerveau sont à l’oeuvre dans le désir, les émotions et le ressenti.
Ainsi réduites, y aurait-il pour nous la moindre sexualité envisageable ? Ce n’est pas le temps qui définit ce qui est à l’oeuvre, mais la confiance que nous nous accordons. La confiance dans le désir qui nous transporte et celle devant la responsabilité de nos actes nous permettent de définir le moment opportun, dédouané du regard de l’autre.

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