Le New Burlesque Aujourd'hui, Histoire d'une Revue

Le New burlesque a vu le jour à Paris, lors de la création des cabarets de Paris tels que le Casino de Paris, le Moulin Rouge, le Chat noir à la fin du XIXe siècle. Il est devenu ensuite un divertissement américain après exportation par les artistes du cirque qui l'emmenait en tournée. Il connaît un regain de popularité depuis les années 1990 car il détourne l'image de la femme fatale, des pin up, des poupées de chair, des stars des années 50. La féminité est exacerbées pour satisfaire les fantasmes masculins.
Des physiques naturels parfois fort éloignés des canons de la beauté imposés par la société contemporaine, des femmes libres proposent des stripteases sensuels et érotiques. Tous les gestes, costumes sont éxagérés. Le spectacle est garanti.
On est bien loin de l'érotisme esthétisé, froid et standardisé du Crazy Horse. En fait, le spectateur se retrouve transporté au fil des numéros dans les saloons de la ruée vers l'or, sur les plateaux du cinéma muet, les music halls parisiens des années folles jusqu'au glamour des années d'or d'Hollywood qui célébrait les stars pulpeuses et peroxydées.
Ce soir, la maîtresse de cérémonie, qui assurera le bon déroulement du spectacle et le ponctuera d'intermèdes hauts en couleurs, sera Kitten on the Keys, reine de la kittitude.
A chaque apparition, elle change de tenue pour haranguer le public d'un air coquin.
Elle chante des chansons édifiantes qui émoustille la gente masculine et ravit les spectatrices.
C'est habillée de peau de bête, sorte de Jane customisée, armée d'un fémur de carton pâte qu'elle présente Kitty Diggins.
Ne cherchez pas cette dernière sur la scène qui reste dans l'obscurité car elle arrive par le fond de la salle qu'elle traverse en pas lascifs sous un voile orangé.
Un visage de star de cinéma muet, elle ressemble à Colette, danse comme Isadora Duncan la danse des voiles de Salomé sur une musique de péplum orientalisante.
C'est la fois très beau et très émouvant, avec ce côté un peu suranné des vielles cartes postales sépia qui mettaient en scène des scènes grivoises.
Kitty Diggins, le regard lourd, le sourire énigmatique des héroïnes du cinéma muet, nous entraîne vers l'oconographie désuète de "Métropolis" ou du "Le fils du cheik".

Après des applaudissements nourris, Kitten on the Keys, en costume de vahiné revu à la crème fouettée, interprète avec une voix qui oscille entre Betty Boop et Duke Ellington une chanson sur les chats, enfin les Pussy, en s'accompagnant au piano puis la fameuse "Ukulélé" avec un …ukulélé.
Elle a du bagoüt et de l'entregent, la petite dame et à grands renforts de battements de faux cils embobine l'assemblée.
Restons dans les îles paradisiaques et propices au folklore à deux sous. Toujours au doux pays des palétuviers, voici Mimi Le Meaux qui fait son entrée sur une musique tribale en cinémascope, teint de nacre et corps plein de rondeur, peau blanche et ouatinée s'orne de nombreux tatouages.






Elle distribue ses faux colliers de fleurs aux messieurs des premiers rangs qui ne se font pas prier avant d'entamer un strip tease lascif basé sur des déhanchement particulièrement suggestifs.

Elle sait nous faire languir et le public est en liesse quand elle fait virevolter les pompons collés sur ses tétons.
Mais ça va vite et déjà elle disparaît…


Après les colonies, voici venue l'époque du saloon pour Kitten on the Keys qui vient présenter Jasmine Vegas.
Petite robe stricte, un collant rouge et des chaussures de drag queen éant la seule fantaisie, elle salue sobrement le public avant de prendre son accordéon pour chanter "Cannabis", un des meiller morceau de son album Time récemment paru .
Sur un air de ballade irlandaise, sa voix éthérée et puissante captive l'auditoire. Accompagnée du seul son de l'accordéon, cet instrument qui s'est se faire plaintif, son chant résonne dans la salle. Un pur moment de bonheur.
Mais, tel un Janus, la face de performeuse de Jasmine Vegas n'est jamais très loin. Elle nous remercie en nous appelant "ses petits poussins", lève les bras comme le stars pour aussitôt les abaisser constatant qu'elle a "raté son rasage" et c'est parti !
C'est parti avec "Comme un citron pressé" pour un poème érotico-fruitier qui la conduit à traverser la salle en se collant aux mâles présents dans l'assistance et en poussant des râles suggestifs ..jusqu'à la jouissance finale "C'est toute ma personne qui melonne, qui abricote, kiwi !"
Le temps pour elle de regagner la scène et Kitten on the Keys revienten Marie Antoinette de bordel pour faire parler non pas son mouton mais sa petite pussy.
Encore un moment particulièrement réussi avant qu'elle annonce, un peu émue, un des must de New Burlesque, la prestation de Miss Exotic World 2004, Miss Dirty Martini.
Tout le monde applaudit mais retient son souffle.
Et l'entrée de Dirty Martini est à la hauteur de ses attentes.
Dirty Martini, the famous, quasiment perchée sur des échasses, arbore une tenue extravagante, robe léopard sur fond de vinyl rose, boa de plumes et fume cigarettes qui met en valeur une plastique plutôt opulente.
Entre Mae West et Divine, buste menu et croupe rebondie, coiffure en choucroute platinée, elle est sûre d'elle et nous fait le grand jeu. Personne n'ose même émettre un son.



On a droit à un numéro impérial dans lequel la dame fait preuve d'une maîtrise, d'un sens du show, d'une sensualité et d'une souplesse extraordinaires.
Et là où la dame est imbattable c'est sur le tournoiement des ponpons mammaires.
A l'unisson ou pas, à l'unité, elle nous fait le grand jeu et ça fonctionne même couchée et toujours en ryhtme !
Et les applaudissements sont à la hauteur de la performance !


Kitten on the Keys revient pour un morceau de bravoure : chanter "Poney girl" après s'être assise sur une touer Eiffel miniature pour la garder au chaud !
Ce n'est peut être pas le comble du bon goût mais ça amuse bien quand même !
Toujours au piano, elle accompagne ensuite Jasmine Vegas, en perruque rousse et robe en paillettes vertes pour une version tout à fait customisée de "La vie en rose" qui déchaîne l'hilarité.
Jasmine Vegas déchaînée en chanteuse hyper réaliste en gants en latex nous offre un bien réjouissant moment. Encore un mythe qui tombe en poussière !
La dernière prestation sera celle de Kitten DeVille.
Avec Kitten De Ville, nous partons pour le glamour le plus torride, celui de Marylin.
Tous les signes iconographiques sont bien présets : longs gants de satin, fourreau pailleté, boucles platines, sourire rouge baiser et truc en plumes pour un numéro époustouflant.
Le déshabillage de la belle aura lieu dans les règles de l'art en commençant par les gants, doigt par doigt, main par main.
De la belle ouvrage pour un moment fantasmatique.
Pour le salut, toutes sont venues sur scène, avec Jasmine Vegas qui a adopté elle aussi une tenue légère.
Dommage vous auriez dû venir !
Une partie de cet article est extraite de Froggy's Delight
Cabaret New Burlesque - Jasmine Vegas
Le Zèbre de Belleville (Paris) 5 août 2005

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